Le duel au théâtre

Semaine théâtrale banalisée avec la classe de Terminale Technique Conseil Vente en Animalerie du LMA

«  Comprendre… Vous n’avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite ». Cette réplique d’Antigone, tirée de la pièce de Jean Anouilh, nous rappelle cette tragédie grecque lue et étudiée peut-être sur les bancs du collège. Et c’est lors d’une rencontre entre Marielle Biehl, comédienne et directrice artistique de la compagnie rennaise Bain Marie, et Sandra Hervouët, enseignante de français et d’ESC au Lycée des Métiers et de l’Agriculture de Château-Gontier que le choix du texte s’est fait tout naturellement.

L’apprentissage du texte

Marielle et Sandra, toutes deux férues de grands textes classiques et en particulier de la tragédie, ont fait le choix de deux scènes d’Antigone. Les répliques ont ensuite été distribuées aux 21 élèves de la classe de terminale avant les vacances de la Toussaint, ce qui devait permettre une première mémorisation du texte.

La semaine banalisée

Du lundi au mardi inclus, le groupe classe a travaillé sur le plateau du Carré de Château-Gontier, scène nationale et centre d’art contemporain d’intérêt national. Encadrés par Marielle, les élèves ont exploré leur créativité, leur mémoire, les émotions, l’adresse au public, le jeu des personnages sous forme d’ateliers théâtraux. Dès le lundi, on commençait à ébaucher une mise en scène du texte.

Puis, du mercredi au jeudi, les séances se sont déroulées dans une grande salle de réunion de l’établissement, salle qui avait été repérée au préalable par la comédienne comme se prêtant bien à la représentation du duel avec un dispositif scénique quadri-frontal.

Les répétitions au Carré

Représentations et émotions

Le vendredi, après quatre répétions générales, les élèves ont pu se produire pour leur grande première devant un public constitué d’élèves, d’enseignants et de personnels de l’établissement. Le succès a été au rendez-vous pour vingt minutes d’émotion. A 13h30, une nouvelle représentation se faisait devant un nouveau public en présence de représentants du Carré, du directeur de l’établissement, de parents d’élèves… Les sentiments ressentis ont été vifs de la part du public. Cette pièce a beaucoup plu au public. Le sérieux du travail du texte et de la mise en scène ont été salués. La qualité artistique de la représentation et l’engagement des élèves dans ce projet ambitieux aux côtés de l’artiste ont également été soulignés.

La représentation au Lycée

Les élèves ont aussi fait part du plaisir qu’ils ont eu à mener ce projet, de la cohésion de groupe que cela a renforcé et de la fierté éprouvée par le dépassement d’eux-mêmes…

Ce projet rondement mené en lien avec le réseau art’ur a reçu l’appui financier de la Direction Régionale des Affaires Culturelles des Pays de la Loire mais aussi de la région Pays de la Loire. Il est aussi le fruit d’un jumelage avec le Carré.

Sandra HERVOUET, Enseignante de Français et d’Education Socio Culturelle au Lycée des Métiers de l’Agriculture de Château-Gontier.

Art’gricol ou découvrir l’art contemporain comme nouveau moyen d’expression

Le projet « Découverte de l’art contemporain comme nouveau moyen d’expression », mené avec l’aide de Martin FRENEHARD (MOBERLAND)(https://moberland.com/), était adressé à une classe de terminale professionnelle Agroéquipement.

Dans un premier temps, une rencontre a été organisée entre l’artiste, MOBERLAND et la classe dès le premier trimestre. Ces premiers temps d’échanges ont permis à la classe et à l’artiste de se rencontrer humainement et d’établir un fil rouge commun au groupe afin de mener un projet inclusif et favorable à l’expression de tous. Une seconde rencontre a été organisée en décembre 2023 afin de déterminer la thématique (La nature) du projet et de présenter les techniques et méthodes de travail de l’artiste.

Phase préparatoire :

Au cours du premier trimestre, la classe s’est concentrée sur le projet de valorisation des travaux à réaliser durant la semaine artistique (du 15 au 19/01/24). Le travail de valorisation du projet commun s’est appuyé sur trois axes :

  1. Un premier axe interne à l’établissement. Les apprenants ont été mobilisés dans une démarche de prise de contact et de médiation du projet au sein de l’établissement et notamment avec la direction de ce dernier afin de déterminer les périodes, lieux et conditions d’accrochage des travaux dans le LEGTA. Des temps d’échanges privilégiés ont également eu lieu afin de proposer un projet d’exposition itinérante sur le territoire immédiat de l’établissement. Ainsi, des conventions, devant être validées par la directions, ont été réalisées par les apprenants afin de garantir des partenariats stables et administrativement viables avec les structures pouvant accueillir les travaux réalisés. Cette initiative, participant au rayonnement et à la diffusion de l’image de l’établissement, devait être validée par la direction. 
  2. Un seconde axe externe à l’établissement, en lien avec des structures propices à l’exposition des travaux. La classe de terminale a ainsi démarché différentes structures (publiques et privées) afin de valoriser leurs travaux à travers une exposition itinérante sur le territoire manceau. Trois structures ont été retenues à la suite des recherches collectives et ont été contactées, avec succès, par les apprenants. La Maison des adolescents de la Sarthe (https://www.mda72.fr/), La Galerie l’Éphémère (https://www.facebook.com/galerielephemerelemans/) ainsi que la mairie de Rouillon (https://www.rouillon.fr/). Ces trois organismes ont accepté le partenariat proposé par la classe sous forme d’une convention garantissant les obligation de l’établissement et de la structure d’accueil de l’exposition. Une visite de site culturel (FIAA Le Mans) a également été organisée afin que les apprenants découvrent les enjeux de la médiation culturelle et s’initient à la lecture d’œuvres (exposition Hermann Braun-Vega).
  3. Le troisième axe était orienté vers les organes de presse locaux afin de valoriser le travail de conception du projet ainsi que sa médiation durant les expositions. La classe a donc contacté différentes rédactions locales (Presse écrite, télévisions, radios) à l’aide de communiqués de presse rédigés par le groupe. Différents temps d’échanges avec la presse ont ainsi été programmés tout au long du projet.

Phase créative :

Durant le second trimestre (la semaine artistique), le groupe classe et l’artiste ont travaillé de concert pendant une semaine banalisée dédiée à la réalisation des travaux de création. La semaine de création s’est découpée en quatre temps, trois temps de création individuelle, un temps de création collective.

(Exemple de production individuelle, 1er temps de création, format A4, papier, Posca)

  1. Le premier temps de création individuelle (format A4, papier, Posca) , avant tout destiné à se familiariser avec les outils et les techniques de travail au posca sur papier, a permis aux jeunes une première découverte de l’expression libre. Ce premier temps, guidé par l’artiste a été réalisé à partir d’une composition imposée (sous forme de quadrillage), puis accompagné vers une appropriation individualisée de la trame collective. Ainsi, les apprenants se sont familiarisés avec les styles de création de l’artiste, les outils et les possibilités nouvelles d’expression offertes par le medium. Les apprenants ont donc pu expérimenter le travail aux Poscas noirs et blancs et ainsi explorer les possibilités du médium et des retouches possibles.

(Exemple de production individuelle, 2ème temps de création, format A4, papier, Posca)

  1. Le second temps, toujours individuel (format A4, papier, Posca), était orienté vers une création basée sur une composition à partir de mots choisis par les apprenants. Ainsi, la graphie et le graphisme se confondaient dans les créations. La thématique de la nature émergeait à travers le mot sélectionné par l’apprenant et par l’association faite par ce dernier entre les éléments graphiques et le sens du mot sélectionné. La composition de la création était ainsi déterminée par le mot. Un travail réflexif devait alors être réalisé par les jeunes afin d’apporter une cohérence (même subjective) entre le passage par l’écrit et la création graphique. Cette démarche d’association d’idées a été mise en avant durant les temps de médiation culturelle.

(Exemple de production individuelle, 3ème temps de création, format A4, papier, Posca)

  1. Le troisième temps (format A4, papier, Posca), davantage orienté sur une construction cubiste, toujours selon le principe d’une grille de construction commune et imposée, a permis aux apprenants d’appréhender via l’expérimentation, la relation au plein et au vide, à l’importance des formes et de leurs interprétations possibles dans le travail en noir et blanc. L’encrage ne devenait plus uniquement synonyme de « plein ». L’inversion possible des notions de plein et de vide ou d’objet et d’absence d’objet ont permis aux apprenants d’appréhender leurs créations comme des constructions mentales complexes et porteuses de sens, non plus seulement comme des dessins figuratifs, représentant alors « l’art », selon leurs préconçus pré-projet.

(Œuvre collective, Sur un air de campagne, toile de lin, 100×80, Posca)

  1. Le quatrième temps était un temps collectif de réalisation à 32 mains sur un support commun (toile de lin 100×80). Durant cette dernière phase de création, les apprenants ont pu librement sélectionner les techniques acquises durant le projet et les transposer à la création de groupe. Un découpage de la toile en zones a été réalisé en se basant sur le parcellaire de l’établissement. Marquant ainsi, un attachement discret mais essentiel, au territoire local. Chaque apprenant a participé à la réalisation de cette toile selon le même protocole. Autour d’une table, les apprenants participent à la création graphique et le support pivote toutes les 5 minutes afin de garantir une certaine homogénéité graphique. Le découpage (veines noires) de la toile selon le parcellaire cadastral de l’établissement a également garanti une division organique de l’espace de création, tout en étant porteur de sens pour les artistes et le territoire.

Durant toutes ces étapes de création, l’artiste a été prescripteur de techniques et de méthodologie mais également un facilitateur quant à l’expression des individualités. Les apports en éducation artistique sont donc pluriels, dans un premier temps techniques, puis dans un second temps, humains et introspectifs pour les apprenants du groupe classe. L’apprentissage de techniques simples a donc permis aux apprenants de lever le tabou de la création libre et donc d’entrer dans une réelle démarche d’empowerment et de libération des expressions individuelles.

Valorisation et publics:

Les travaux réalisés avec l’artiste ont tous été valorisés dans un parcours de médiation culturelle, adressé à des publics variés, durant le second et le troisième trimestre de l’année scolaire. Les apprenants se sont mobilisés durant toute l’itinérance de l’exposition nommée « Art’Gricol », garantissant ainsi une réelle continuité au travail de création à travers les différentes actions culturelles que représentaient les vernissages et les temps d’échange avec la presse.

(Vernissage de l’exposition dans l’établissement)

  • Du 19/01/24 au 19/02/24 : exposition « Art’Gricol » au LEGTA du Mans

Vernissage et médiation destinés à la communauté éducative et au partenaire local (direction de l’établissement). Les apprenants ont, à travers le collectif, présenté leurs travaux aux personnels et à leurs pairs.

  • Du 23/02/24 au 29/03/24 : exposition « Art’Gricol » à la Maison des Adolescents de la Sarthe

Vernissage et temps de médiation destinés au grand public, au partenaire (MDA72) et aux usagers de la MDA72 (jeune public)

  • Du 07/04/24 au 14/04/24 : exposition « Art’Gricol » à la Galerie L’Éphémère

Vernissage et médiation destinés au grand public et aux professionnels de la culture (Galeristes et Artistes)

  • Du 14/05/24 au 7/06/24 :exposition « Art’Gricol » à la Maire de Rouillon

Vernissage et médiation destinés au grand public du territoire Rouillonnais et aux partenaires institutionnels (municipalité de Rouillon)

Nous remercions chaleureusement nos partenaires :

  • Martin FRENEHARD (MOBERLAND) : Artiste accompagnateur du projet
  • Région Pays de la Loire
  • DRAC Pays de la Loire
  • MASA
  • LEGTA du Mans
  • Maison des adolescents de la Sarthe
  • Galerie l’Éphémère
  • Municipalité de Rouillon